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Île de créations 2017

Finale jeudi 2 février 2017
Maison de l'Orchestre national d'Île-de-France, Alfortville
Parrain Ivan Fedele
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Matthieu Lemennicier a remporté le prix Île de créations 2017 pour son œuvre De la ligne à la peau.
Jules Matton a remporté le prix du public pour Siddharta, Suite en cinq tableaux d'après le roman de Hermann Hesse.
 
« De mon bureau à la salle de concert, il y a un pas, et il est grand. Trop grand pour un compositeur-inconnu-du-milieu-de-la-musique-symphonique-qui-souhaite (ô présomptueux !) écrire-pour-orchestre. Et entre mon bureau et la salle de concert, il y a mon tiroir. Il est gourmand en manuscrits, mais peu disert : il ne partage que trop rarement ses conseils, ses enthousiasmes et ses antipathies. Alors, qu'un orchestre (un vrai !) organise un concours permettant d'être joué, quelle aubaine !
Car un vrai orchestre, c'est : des vrais humains qui jouent de vrais instruments qui font de vrais sons devant un vrai public qui écoute avec ses vraies oreilles et qui s'en fout pour de vrai, râle pour de vrai ou même, parfois, apprécie pour de vrai. Une vraie chance en somme, pour un compositeur-inconnu-du-milieu-de-la-musique-symphonique-qui-souhaite (ô présomptueux !) écrire-pour-orchestre. Mon tiroir se plaint, mais il s'en remettra. »
Matthieu Lemennicier
 

À l'écoute sur France musique dans l'émission Alla breve du 8 au 13 mai 2017
 
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Les finalistes
. Mathieu Lemennicier, De la ligne à la peau
« Quelques vers comme point de départ, quelques vers pour passer des représentations du monde aux sensations d'un corps immergé dans ce monde, quelques vers pour dire ce que vit ce corps, carte dans les mains et mains au vent du désert, au froid des nuits humides ; carte dans les têtes, écartant ces mains qui s'écorchent aux frontières de papier grillagé.
Si la musique ne dit rien, elle peut, parfois, tracer en nous la sensation d'un geste : ballets d'étourneaux ou balancements pédestres, l'air mouvant fait alors danser notre corps immobile, et nous traversent ainsi des pulsations lointaines.»
. Jules Matton, Siddharta – Suite en cinq tableaux d’après l’œuvre de Hermann Hesse
« Cette pièce ne prétend pas être une transcription exhaustive du roman de Hermann Hesse. Elle se découpe en cinq tableaux jalonnant cinq moments ou périodes de la vie de Siddharta, du départ du domicile paternel à la contemplation du fleuve devant lequel, au soir de sa vie, il accède enfin à la sagesse.»
. Cyril Molesti, Rêver d'un autre monde
«Pour mon "histoire des migrants", deux sources m’ont vivement inspiré :
- L’exposition « Rêver d’un autre monde » au centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon (CHRD), qui réunissait des œuvres d’artistes variés soucieux de représenter le migrant dans l’art contemporain. À l’instar de Moussorgski et de ses Tableaux d’une exposition, j’ai choisi cinq œuvres qui m’ont particulièrement touché. Elles se sont présentées à moi comme un matériau idoine pour imaginer un monde sonore.
- Le poète palestinien Mahmoud Darwich, dont les vers m’ont accompagné tout au long du chemin créatif. J’ai plongé dans sa poésie, comme un migrant dans la mer. Il a été une boussole et une longue vue. Grâce à lui, j’ai pu entrevoir les sentiments douloureux de l’homme dépossédé, "piqué au cœur du côté de l’absence", orphelin d’une terre mère, moi qui n’ai jamais quitté la mienne… C’est coupable de n’avoir jamais été contraint de fuir que j’ai écrit ces quelques minutes de musique, légères comme de la cendre.»
 

 

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