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Île de créations 2015

Finale mardi 3 mars 2015
Maison de l’Orchestre national d'Île-de-France
Création jeudi 16 avril 2015 à la Philharmonie de Paris
Parrain Marc Clémeur
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Le prix du jury a été attribué à Camille Pépin pour Vajrayāna.
Le coup de cœur du public a également été attribué à Camille Pépin.
Son œuvre a été jouée jeudi 16 avril lors du concert Héroïque à la Philharmonie de Paris.
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À l'écoute sur France musique
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« En tant que jeune compositrice, il me semble essentiel – sinon capital – de pouvoir travailler avec les interprètes, ce qui est plus difficile lorsque l’on écrit pour orchestre. Si la recherche de sonorités orchestrales est indispensable, elle se réalise lors de cette expérience unique où l’œuvre fantasmée dans notre imaginaire prend vie. C’est ce moment – à la fois bouleversant et instructif – qui nous permet de développer notre univers sonore et de réfléchir à la façon dont nous pouvons exploiter les ressources inouïes de l’orchestre. Aussi, les opportunités de diffusion du concours sont incomparables. Si la finalité de la composition est l’expression de notre monde intérieur, c’est que la musique touche tous les publics. Il me semble important que la musique contemporaine ne concerne pas uniquement les publics d’ores-et-déjà « conquis » des salles de concerts et conservatoires. Grâce à Île de Créations, Vajrayana a été entendue par des collégiens et lycéens, le public et les visiteurs de la Philharmonie de Paris, les auditeurs de France Musique - du pur mélomane au musicien le plus averti. Au-delà du travail technique, l’échange avec le public est un trésor lui aussi inestimable. Ce que je retiens de cette expérience, c’est cet enrichissement au contact de l’autre. C’est absolument extraordinaire de travailler aux côtés de tous les métiers de la musique et de participer à toutes les étapes de la création : les répétitions avec le chef et l’orchestre, le travail de médiation culturelle avec les musicologues, le travail d’édition de la partition, l’enregistrement et le montage avec les ingénieurs du son, et enfin la préparation l’émission radio. C’est le genre d’expérience qui révèle le sentiment que c’est ce que nous voulons accomplir et vivre au quotidien.»
Camille Pepin, mai 2015
 
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Les finalistes
. Adrien Trybucki, Heroa
«Heroa telle une chevauchée au cœur d’une dimension supplémentaire du monde, celle de l’artefact. Comme si d’un décor de théâtre l’on pénétrait les rouages des machineries et la multitude des éléments qui jouent de l’illusion. Un voyage au cours duquel la notion d’espace s’altère et où les différents plans vont se démêler et s’entrechoquer. En définitive, un travail de déconstruction d’une image initiale pour la retrouver sous une apparence nouvelle.»
. Axel Nouveau, Soliloques
«Modelant l’orchestre en une seule entité complexe, une confrontation de différents groupes ou en une somme de personnalités distinctes, Soliloques joue avec les travers et échecs de la communication humaine. Pensant dialoguer dans Dialogue de sourds, chacun ne fait que suivre et développer sa propre conviction. Dans Je, je, je. tous les interlocuteurs s’obstinent vainement à mener la conversation comme ils l’entendent. Pièce centrale, Coup de gueule est un de ces moments où le désaccord peine à s’exprimer, et se transforme alors en une rumination intérieure, une colère qui ne jaillit pas, inassouvie. La pensée aussi nous joue parfois des tours, elle nous écarte progressivement de notre idée initiale dans Digressions. Enfin, Quiproquo est l’illusion de l’accord et la compréhension mais ce que chacun entend est souvent assez éloigné voire à l’opposé de ce que voulait exprimer notre interlocuteur… »
. Thomas Menuet, J’appelle les vivants, je pleure les morts, je repousse la foudre
«L’héroïsme est le sujet de cette pièce. Celui-ci est traité sous l’angle d’un héroïsme ‘du réel’ ou peut-être de ‘l’ordinaire’. Constater en somme le moment de basculement dans la vie d’un individu où celui-ci est forcé de faire quelque chose ‘d’extra-ordinaire’ par la force des choses, en étant extrait nécessairement de sa zone de confort habituelle. Les quatre premiers sujets littéraires et orchestraux traitent cette question. Le dernier s’arrête lui sur une définition plus entendue de l’héroïsme.»
. Camille Pépin, Vajrayāna
«S’il existe cinq éléments dans la religion tibétaine (la terre, l’eau, le feu, le vent et l’espace), ils se définissent comme des énergies fondamentales et sacrées de l’existence rencontrées dans la dimension psychique des êtres. Les quatre premiers sont matière constituante de la nature tandis que le cinquième contient tous les autres. Au macrocosme de l’Univers s’unit ainsi le microcosme du corps. Ces énergies cosmiques sont à l’origine des mondes d’existence terrestre et spirituel : c’est le Vajrayāna. J’ai conçu la pièce en une gradation des différentes étapes du monde spirituel. J’ai retranscrit ces états par le biais de motifs musicaux rythmiques - le plus souvent - car le rythme est au cœur de la nature et des énergies. À chaque élément correspond un motif musical.
Ratna (Terre) est une énergie primaire, puissante, mais réprimée. Ainsi s’entremêlent tous les mystères de la Terre. Vajra (Eau) exprime l’angoisse dans son aspect défensif - la tempête - s’évanouissant en une nappe paisible. Padma (Feu) est le lieu spirituel atteint par les émotions brûlantes et ardentes, sans maîtrise intérieure : c’est le lieu des dérèglements. Karma (Vent) correspond à un élément impalpable, léger, fuyant. Enfin, Vairocana (Espace) réunit tous les éléments. Intemporel, c’est l’état le plus puissant dans cette quête de la transcendance ; l’ineffable accomplissement de l’élévation de l’âme ; l’apaisement.»
 

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