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Sporting Club

Notre concert Sporting Club est une partie symphonique pleine de rebondissements… Jeux de Claude Debussy, Rugby d'Arthur Honegger et le surprenant Concerto pour ping-pong d'Andy Akiho avec sur scène les pongistes Christophe Legout et Daniela Dodean seront - entre autres - au programme.
 
Rencontre avec le chef d'orchestre Julien Masmondet, qui dirigera l'Orchestre pour cette performance !
 

Julien Masmondet
Quel rapport entretenez-vous avec le sport ? En pratiquez-vous un ?
Je pratique la natation régulièrement et le tennis plus occasionnellement. Quand j'étais enfant, je voulais devenir tennisman et je regardais (et je regarde toujours...) Roland-Garros avec beaucoup de passion ! J’ai pratiqué le tennis à haute dose.
La natation est un sport complet qui m'apporte aujourd’hui une détente musculaire et un travail respiratoire bien utile pour mon métier, même si l’enchaînement des longueurs dans le bassin est un peu rébarbatif... Je trouve le tennis plus ludique et plus passionnant.
 

Que gardez-vous comme atout précieux de vos entraînements sportifs ?
Dans le sport, c’est surtout le travail de l'équilibre entre le physique et le mental qui m'a appris beaucoup de choses. Cela m'a permis de développer ma concentration, mais également une coordination de plus en plus affinée, en recherchant toujours le geste parfait. Entre le sport pratiqué à un haut niveau et la pratique artistique professionnelle, il y a vraiment une similitude : cette recherche constante de la perfection augmentée d’une remise en question perpétuelle.
Après chaque match gagné, comme après chaque concert dirigé, il faut recommencer dès le lendemain, l’enjeu étant de créer à chaque fois un moment unique.

 
Pour vous, sport et musique peuvent donc supporter la comparaison. Quels sont justement ces points d’accroche ?
Avant tout : la rigueur et l’exigence. Les mondes du sport et de la musique ont dans leur langage quotidien de nombreux termes et bien des expressions en commun, lesquels renvoient à des attitudes souvent identiques.
Prenez la « répétition » : Les musiciens et les sportifs doivent répéter, répéter et encore répéter les mêmes passages et les mêmes gestes pour s'approcher de ce qu'ils recherchent. Et puis il y a également la même forme d’adrénaline provoquée par le concert autant que par la compétition sportive. En revanche, en art, il n'y a ni gagnant ni perdant... ça c’est une différence fondamentale. Et puis autre différence de taille entre un sportif et un chef d'orchestre : l'âge de la retraite ! Lorsqu’un tennisman prend sa retraite à trente-cinq ans, le chef d’orchestre n’est qu’au début de sa carrière qui peut encore durer un demi-siècle !
 

On parle souvent de l’hygiène de vie très rigoureuse observée par les musiciens ; est-elle comparable à celle des sportifs ?
Je pense que mon temps de préparation avant un concert est très similaire à celui d'un sportif avant un match. Je répète mentalement mes partitions dans l'ordre du concert comme un skieur visualise mentalement son parcours de slalom à plusieurs reprises. J'ai besoin d'un temps de concentration et de calme qui me permet de me recentrer avant de déployer toute mon énergie pour le concert. Comme un sportif, je privilégie les sucres lents dans mon alimentation en mangeant des pâtes. J'ai toujours des bananes qui ne sont pas loin de ma baguette et de mes partitions ! J'essaye de faire la sieste et je fais des exercices d'assouplissement car un concert en tant que chef d'orchestre est une performance physique autant que mentale. D’ailleurs, je sors souvent d'un concert dans le même état qu'un sportif après un match, à la différence que je suis en costume et pas en short...

 
Propos recueillis par Corinne Schneider
 

 
A CHACUN SON TEMPO !
Plusieurs sportifs l’ont observé et en sont aujourd’hui convaincus : accompagner ses activités physiques de musique réduit le sentiment de fatigue tout en augmentant la motivation. Des scientifiques britanniques de la London’s Brunel University (étude citée par le Wall Street Journal, Optimal Music for the Gym, 1er avril 2013) ont même travaillé sur le genre et l’allure des morceaux de musique à écouter pour améliorer les performances des sportifs. Ils arrivent à la conclusion suivante : les morceaux de musique situés entre 125 et 140 beats par minute sont les plus favorables ; mais plus le sportif augmente le rythme de son exercice, plus il devra accompagner son effort d’une musique au tempo soutenu. Les analyses d’une étude publiée en 2012 par le Journal of Sports Medicine and Physical Fitness avaient également démontré que les cyclistes pouvaient réduire jusqu’à 7 % leur apport en oxygène lorsqu’ils calquaient le tempo de leur musique à leur entraînement. Déjà en 1911, plusieurs critiques avaient constaté que les cyclistes d’une course de six jours qui s’était tenue à New York pédalaient plus vite avec la présence d’un orchestre ! Depuis, les études se sont multipliées pour essayer de comprendre l’impact réel de la musique sur l’activité sportive ; une dimension qui fait aujourd’hui partie intégrante du sport à haut niveau.
 
La revue Psychology of Sport and Exercise a par exemple avancé des chiffres en ce qui concerne des nageurs qui aurait diminué leur temps en moyenne de trois secondes en écoutant des musiques au bon tempo, des musiques qui auraient en outre dopé la motivation des athlètes de 10 %. Enfin, un expert de l’Université anglaise de Norwich avance que « les difficultés respiratoires, la sueur et la souffrance musculaire ne sont pas transmises directement au cerveau » lorsque le sportif écoute de la musique, car celle-ci bloque temporairement ces informations : un blocage qui retiendrait environ 70 % des sensations. Le Dr. Costas Karageorghis, psychologue en équipement musical dans le milieu sportif et consultant pour les athlètes olympiques, explique que « l’effet de la musique sur le sportif peut être comparé à celui de stimulants ou de sédatifs ».
On pourrait croire que les musiques pop, rock et électronique, grâce à leur pulsation marquée, sont les plus adéquates aux efforts des sportifs. Mais selon le Dr. Karageorghis, il ne s’agit pas d’une question de style et la musique classique peut très bien convenir. Il cite par exemple la Symphonie n° 3 « Héroïque » de Beethoven et la Symphonie n° 40 de Mozart comme convenant parfaitement à l’exercice !
 

 
SPORTING CLUB
 
Sporting club en 240 Samedi 7 avril, POC, Alfortville
Mardi 10 avril, Philharmonie de Paris

Tetsuya Yamamoto, In the circle...
Œuvre lauréate du concours de composition Île de créations 2018
Claude Debussy, Jeux, poème dansé
Arthur Honegger, Rugby, mouvement symphonique n° 2
Iannis Xenakis, Rebonds B
Andy Akiho, Ricochet, concerto pour violon, percussions et ping-pong
 
Direction Julien Masmondet
Violon Ann-Estelle Médouze, percussions Georgi Varbanov
Pongistes Christophe Legout, Daniela Dodean
Comédiens Elsa Tauveron, Yann Lheureux
Proposition scénique Édouard Signolet

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