#Entretien avec Case Scaglione

Case Scaglione

Directeur musical et chef principal de l'Orchestre national d'Île-de-France


Propos recueillis par Corinne Schneider

Vous êtes le nouveau directeur musical et chef principal de l’Orchestre national d’Île-de-France ; vous avez dirigé cet orchestre pour la première fois en 2016 et conduit votre premier concert à la Philharmonie de Paris.

Quelles impressions gardez-vous de ces événements et de vos premières rencontres avec les musiciens ?


On peut vraiment dire que les musiciens et moi avons eu un coup de foudre. Il est assez facile de passer une bonne semaine en compagnie des musiciens d’un orchestre avec lequel on s’entend bien et avec lequel on aime travailler, mais il est beaucoup plus rare de trouver cette compréhension profonde et ce respect mutuel qui résultent du fait de parler le même langage musical. Dès notre première rencontre, au printemps 2016, j’ai su que cet orchestre allait occuper une place très importante dans ma vie. Je ne savais pas que je deviendrais le directeur musical de l’Orchestre national d’Île-de-France si rapidement, mais je savais que cet orchestre tiendrait une place importante dans ma vie, et toutes les réunions de travail que nous avons eues depuis n’ont fait que confirmer qu’il s’agit d’une famille musicale exceptionnelle et que je suis au bon endroit.


Vous êtes né aux États-Unis, vous avez d’abord été formé et diplômé du Cleveland Institute of Music : comment s’est fait le choix de la direction d’orchestre dans votre formation musicale ?

Je n’ai pas choisi la direction d’orchestre, c’est la direction d’orchestre qui m’a choisi ! C’est une histoire d’amour. J’étais très jeune quand c’est arrivé : je suis allé à l’opéra avec mes parents et j’ai vu le chef d’orchestre dans la fosse ; et même à l’âge de huit ou neuf ans, je me suis dit : bouger ses mains ainsi et pouvoir entrer en contact avec la musique de cette façon-là, ça doit être un travail tellement incroyable ! Et c’est quand j’ai commencé ma formation musicale, vers douze ans, que je suis tombé amoureux du répertoire, et donc pas seulement de la direction d’orchestre. J’ai alors travaillé de nombreuses partitions, d’abord les symphonies de Gustav Mahler et les poèmes symphoniques de Richard Strauss et la direction d’orchestre était une façon pour moi d’être en contact avec cette musique que j’aime tant.


Quels ont été vos premiers contacts avec l’Europe et à quel âge ?

Quand j’avais quatorze ou quinze ans, je suis allé en vacances avec ma famille en Europe, au Portugal. J’ai rencontré ma femme à l’âge de quinze ans, elle est Anglaise et, bien sûr, je lui ai souvent rendu visite en Angleterre. J’ai eu la chance de pouvoir voyager, donc même avant de m’installer en Allemagne en 2015, j’avais déjà une profonde compréhension de la vie en Europe. Les gens me demandent si mon pays, les États-Unis, me manque, et c’est drôle parce qu’il ne me manque pas vraiment étant donné que je voyage beaucoup. Je me sens chez moi partout où je suis. Donc, quand je suis aux États-Unis, l’Europe me manque, et vice-versa. Je me sens donc chez moi partout et nulle part…

Quels ont été vos maîtres ?

David Zinman, Alan Gilbert et Jaap van Zweden.


Et quelle est votre histoire avec chacun d’eux ?

David Zinman a été mon tout premier professeur et il m’a appris les aspects techniques de la direction d’orchestre. J’ai commencé très jeune et il m’a donné ma première chance à Aspen. Ensuite, j’ai eu le grand honneur d’être l’assistant d’Alan Gilbert pendant quatre années à New York. Alan m’a beaucoup appris sur le rôle d’un directeur musical, sur la manière de gérer son temps pendant le travail et les répétitions, sur cette façon de prendre le répertoire au sérieux pendant ses études et aussi sur la prise de décisions exécutives en tant que directeur musical. Il a été très généreux avec moi en me permettant d’assister à de nombreuses réunions avec l’Orchestre philharmonique de New York, ce qui m’a donné un formidable aperçu de ce que représente le métier de directeur musical. Et Jaap van Zweden m’a énormément appris sur la façon de répéter et de modeler le son d’un orchestre, pas seulement en répétitions, mais sur une longue période en tant que directeur musical. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir ces trois professeurs très différents et dont j’ai eu besoin à différents moments de ma vie. J’entretiens toujours de très bonnes relations avec eux, on se parle presque toutes les semaines ou toutes les deux semaines.

Quels sont vos répertoires de prédilection et pour quelles raisons ?

C’est difficile à dire, mais je dirais que les compositeurs qui me parlent le plus sont Gustav Mahler, Jean Sibelius, Johann Sebastian Bach, une kyrielle de compositeurs d’aujourd’hui aussi, parmi lesquels l’américain John Adams ou le français Guillaume Connesson, ainsi que des grands créateurs comme György Ligeti. Je suis désolé, ce n’est pas une réponse très intéressante, mais je suppose que mon répertoire favori est celui sur lequel je suis en train de travailler et il y a en fait très peu de répertoires que je n’aime pas.

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 Rouge - Direction Case Scaglione - Violon Nathan Meltzer 
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