#Merci Jean-Michel, 1er hautbois solo depuis 1978

Jean-Michel Penot, hautbois solo, donne avec le programme Amicalement vôtre sa dernière série de concerts avec l’Orchestre.


Quand es-tu rentré à l’Orchestre national d’Île-de-France, et quel a été ton parcours avant cela ?

J’ai intégré l’Orchestre à vingt-cinq ans le 1er janvier 1978. J’ai débuté ma carrière de hautboïste à dix-neuf ans, à l’Orchestre de la musique de l’air !

J’ai ensuite joué au sein de plusieurs phalanges parisiennes dont l’orchestre de l’Opéra de Paris, notamment sous la direction de Karl Böhm dans Elektra de Richard Strauss. En 1977, j’ai fait l’intérim pendant trois mois au poste de cor anglais solo à l’Orchestre de Lille avec lequel j’ai enregistré la Première Symphonie de Dutilleux.


Peux-tu nous décrire ton attachement à l’Orchestre ?

L’Orchestre national d’Île-de-France est un orchestre encore jeune. Sa formidable et constante évolution me semble être son principal atout. Chacun a apporté sa pierre pour en faire aujourd’hui un orchestre majeur dans le paysage musical français. Yoel Levi et Marc-Olivier Dupin ont posé des bases solides. Aujourd’hui, Case Scaglione continue de faire progresser l’Orchestre. Il faut du temps pour « faire » un orchestre.


Quels sont tes souvenirs les plus marquants avec l’Orchestre ?

Il y en a tellement que c’est difficile de faire le tri... Musicalement, je dirais Le Double concerto pour hautbois et violon de Bach avec Gérard Jarry, ancien violon solo de l’Orchestre. Un excellent souvenir ! Je citerais aussi la Quatrième Symphonie de Tchaïkovski sous la direction de Vladimir Fedosseïev, les séries de concert avec le chef Ion Marin et les Poèmes symphoniques de Strauss avec Klaus Weise. Case Scaglione, plus récemment, est une grande chance pour l’Orchestre. Je suis très heureux d’avoir eu le temps de jouer sous sa direction.

Et quelle serait ta discothèque idéale ?

J’aime particulièrement les quatuors à cordes : ceux de Schubert, Chostakovitch, Beethoven et Haydn principalement. Je suis également très féru des Passions de Bach ! Le Chant de la Terre et les Chants d’un compagnon errant de Mahler me touchent aussi profondément.


Tu as une place particulière dans l’Orchestre, peux-tu la décrire ?

Le hautbois a un rôle important au sein de l’harmonie par sa présence mélodique qu’il partage avec la flûte et la clarinette. Il a aussi la responsabilité de gérer le diapason de l’orchestre en donnant le la. On pense que le hautbois donne le la parce qu’il est physiquement au centre de l’orchestre, que c’est un instrument stable et dans un registre medium.

As-tu le trac lorsque tu donnes le la ?

Oui, j’ai toujours eu un peu le trac à ce moment-là ! Je me souviens d’un concert en Île-de-France où l’acoustique de la salle était très sèche. On n’a absolument pas entendu mon la et tout l’orchestre s’est mis à rire, et moi aussi !


C’est ta dernière série de concerts avec l’Orchestre, dans quel état d’esprit seras-tu ?

On ne peut pas savoir à l’avance, ce sera mon premier «dernier concert» !

D’ailleurs, qu’est-ce que tu attends d’un chef d’orchestre ?

Pour moi un bon chef d’orchestre est un chef complet, tant dans sa gestique que dans sa capacité à transmettre une émotion musicale. Il faut cette alchimie pour que ça fonctionne. Chaque chef a une gestique qui lui est propre mais ce qui est important, c’est le travail de fond en répétition. Il faut que le chef ait une véritable vision, une conception cohérente de l’œuvre qu’il interprète.


Quel est ton répertoire de prédilection ? Et ton solo de hautbois préféré ?

Je dirais Gustav Mahler et Richard Strauss… Et Bach bien sûr même si on joue peu Bach avec l’Orchestre. Le solo du deuxième mouvement du Concerto pour violon de Brahms est un de mes solos préférés. Je l’ai beaucoup joué notamment avec Laurent Korcia.


Et après ce dernier concert, que vas-tu faire ?

Je vais continuer le violoncelle que j’ai commencé à apprendre avec Natacha [Natacha Colmez-Collard, 1er violoncelle solo de l’Orchestre national d’Île-de-France].

Je vais me remettre sérieusement à la peinture [pour découvrir l’autre talent de Jean-Michel, c’est ici]

J’espère aussi pouvoir continuer à me produire en concerts de musique de chambre.


L’Orchestre va te manquer ?

J’ai autant de plaisir à écouter qu’à jouer. Je n’aurai plus ce plaisir physique – car il faut une véritable implication physique pour jouer – mais je serai heureux d’écouter les autres. Je serai tout de même un peu soulagé de ne plus ressentir ce stress, cette pression constante qu’exigent le poste de hautbois solo.


Le mot de la fin…

J’ai toujours été touché par ce que l’on apporte au public francilien avec nos concerts, ils oublient leurs soucis et les difficultés de la vie pour ce moment hors du temps.


Propos recueillis par Audrey Chauvelot

Toute l’équipe de l’Orchestre national d’Île-de-France souhaite une belle retraite à Jean-Michel !

Jean-Michel Penot, 1er solo

Après avoir fait des études de piano, Jean-Michel Penot commence à onze ans l'apprentissage du hautbois au conservatoire d'Aubervilliers avec Jean Ravez, avant d'intégrer le Conservatoire national supérieur de musique de Paris (CNSM) à dix-sept ans où il obtient le premier prix de hautbois en 1973, dans la classe de Pierre Pierlot.


Après avoir intégré l'Orchestre National de Lille au poste de cor anglais solo, sous la direction de Jean-Claude Casadesus, il entre en 1978 à l'Orchestre national d'Île-de-France où il est actuellement premier hautbois solo.

Précédemment, il a effectué de nombreux remplacements dans les plus grands orchestres français (Opéra de Paris, Orchestre National de France, Orchestre Philharmonique de Radio France...).



Il a joué en tant que soliste avec l'Orchestre national d'Île-de-France les concertos de Bellini, Mozart et Vivaldi, la Symphonie concertante de Mozart ainsi que celle de Haydn sous la direction de Jacques Mercier, le Double Concerto de Bach avec Gérard Jarry, la Symphonie concertante de Haydn sous la direction de Nicolich, le Double Concerto de Lutoslawski avec Florence Dumont sous la direction de David Walter et le Concerto de Mozart sous la direction de Christophe Coin.

Il a participé à des tournées avec l'Orchestre de Chambre d'Auvergne sous la direction de Jean-Jacques Kantorow aux États-Unis en 1987, et avec le Quintette de l'Orchestre national d'Île-de-France en Chine en 1997.

Il a également joué des œuvres de Martinu à Prague, Budapest et Bratislava au sein du quatuor Talich.


Jean-Michel Penot a enregistré de nombreux disques avec l'Orchestre de Chambre Bernard Calmel (BNL) : Concerto pour hautbois de Mozart, Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, cor et basson de Mozart avec Philippe Cuper, Daniel Catalanotti et Gilbert Audin, Symphonie concertante de François Devienne, Magnificat d'Antony Girard et Symphonie concertante de Jean-Baptiste Bréval.

Sa discographie comprend également : Nocturnes pour hautbois et cordes de Daniel Lesur (Pavane Record) qui a obtenu le grand prix de la nouvelle académie du disque et Sept Métamorphoses en pastorale et Balletti à neuf de Jan Novak avec le Kamer Ensemble de Paris sous la direction d'Amin Jordan (Gallo).


Jean-Michel Penot a longtemps enseigné au Conservatoire à rayonnement régional d'Aubervilliers-La Courneuve.


Parallèlement à sa carrière de musicien, et après des études à l'école des Beaux-Arts de Versailles, Jean-Michel Penot expose régulièrement ses peintures.

Bienvenue sur notre nouveau site internet ! Des bugs peuvent encore survenir, n'hésitez pas à nous les faire remarquer.

Nous souhaitons utiliser des cookies pour nos statistiques et lire les vidéos du site.

En cochant ces cases, vous acceptez l'usage de cookies associé :

 Rouge - Direction Case Scaglione - Violon Nathan Meltzer 
 Rouge - Direction Case Scaglione - Violon Nathan Meltzer 
 Rouge - Direction Case Scaglione - Violon Nathan Meltzer 
 Rouge - Direction Case Scaglione - Violon Nathan Meltzer 
 Rouge - Direction Case Scaglione - Violon Nathan Meltzer 
0:0 / 15:9