#Résidence Guillaume Connesson

Pour cette saison 19.20, nous avons le plaisir d'accueillir le compositeur Guillaume Connesson en résidence.


Compositeur de Timouk, spectacle jeune public proposé en novembre et décembre 2019, et d'Eiréné, œuvre au programme de notre concert Le Sacre.


Guillaume Connesson sera en résidence à l'Orchestre national d'Île-de-France pendant deux saisons.



Propos recueillis par Corinne Schneider, juillet 2019




«J’aime l’orchestre comme un tout, un organisme complexe et une palette sans limite.»

Avez-vous déjà eu l’occasion de travailler avec les musiciens de l’Orchestre national d’Île-de-France ?

Oui, il y a vingt ans pour la création de ma partition L’Aurore composée pour accompagner le célèbre film muet de Murnau qui date de 1927. C’était 2 heures 20 de musique d’orchestre... et un beau souvenir !


Quel sens donnez-vous à la présence d’un compositeur résident au sein d’un orchestre ?

Celui d’une continuité dans le travail et dans la relation avec les musiciens. La familiarité qui se crée est très positive pour l’interprétation des œuvres. Les musiciens s’approprient plus vite et plus profondément les partitions quand une relation humaine et musicale est créée dans la durée.


Quelle place tient la musique symphonique dans votre parcours de compositeur ?

La première ! J’ai écrit à ce jour une dizaine de pièces d’orchestre, un ballet et sept concertos.


Avez-vous des préférences pour tel ou tel pupitre de l’orchestre, pour une famille d’instruments ou une autre ?

J’aime l’orchestre comme un tout, un organisme complexe et une palette sans limite. Mais j’aime tout particulièrement les cordes...


Quelles sont vos affinités avec d’autres compositeurs qui ont brillé dans le domaine orchestral au XIXe siècle, au XXe siècle et ceux d’aujourd’hui ? Et pour quelles raisons ? Richard Strauss pour la virtuosité, Maurice Ravel pour la perfection de l’orchestration toujours au service de la beauté du discours musical et non comme une fin en soi, Dimitri Chostakovitch pour la puissance et l’économie de moyen. Plus récemment, Olivier Messiaen pour ce son si caractéristique et John Adams pour l’imagination et le brio. 


Vous enseignez depuis de nombreuses années « l’orchestration » : dans quelle mesure cette dimension de la composition peut-elle être renouvelée aujourd’hui ?

L’orchestre symphonique dans sa forme actuelle est un instrument qui n’a que très peu évolué depuis un siècle. Si les «nomenclatures instrumentales types» se sont figées, c’est qu’elles sont la conséquence de chefs-d’œuvre qui ont fait jurisprudence ! Bien sûr le compositeur d’aujourd’hui doit se glisser dans ces habits centenaires, et il peut parfois s’y sentir à l’étroit, mais il lui reste une palette immense à sa disposition. De plus, je pense que le timbre est un élément séduisant... mais secondaire du discours musical. Si cette dimension du timbre a été importante au XXe siècle, je crois que le XXIe cherchera peut-être la création du Beau et le renouvellement de l’expression dans d’autres catégories, comme l’harmonie et la mélodie. La plupart des œuvres pour orchestre de Ravel sont à l’origine des pièces pour piano. Cela montre « qu’au commencement » est la mélodie, l’harmonie et le rythme ! Une bonne musique survie à une mauvaise orchestration, une mauvaise musique ne sera jamais sauvée par une orchestration brillante. Et c’est un amoureux de l’orchestre qui le dit !


Vous venez de composer Eiréné, une œuvre nouvelle dont la création française va être donnée par les musiciens de l’Orchestre national d’Île-de-France au cours de la saison : quelle place occupe cette nouvelle partition dans l’ensemble de votre production ?

Une place un peu à part : c’était une commande de l’Orchestre Royal du Concertgebouw qui l’a créée à Amsterdam en 2018, sous la direction de Daniele Gatti, avant d’être reprise récemment pour sa tournée américaine sous la direction de Daniel Harding. Pour cet orchestre sublime, j’ai voulu paradoxalement écrire une étude de silence et de pianissimi. Eiréné était la déesse de la paix dans la Grèce antique et ma pièce se déroule dans un climat serein, presque pastoral. Ce calme est plutôt inhabituel dans ma musique.


Timouk est une œuvre pour le jeune public : de quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’un conte musical sur un texte original de l’écrivaine francophone d’origine coréenne Yun Sun Limet que m’avait commandé la pianiste ClaireMarie Leguay. À l’origine écrit pour récitant et cinq instruments, Timouk, l’enfant aux deux royaumes (2010) est une version orchestrée que créera l’Orchestre national d’Île-de-France. Avec Yun Sun nous avions travaillé à imbriquer texte et musique afin que les deux dimensions ne soient pas une simple juxtaposition. C’est l’histoire d’un petit garçon qui en perdant ses parents perd la parole. Il la retrouvera grâce à la musique.

Écoutez...

Venez écouter les œuvres du compositeur Guillaume Connesson lors des concerts :


LE SACRE

Du 15 au 24 novembre en Île-de-France

Mardi 19 novembre à la Philharmonie de Paris [Réserver]


TIMOUK

Du 3 au 6 décembre en Île-de-France

Samedi 30 novembre à la Philharmonie de Paris

[Réserver]

Guillaume Connesson, né en 1970, est actuellement un des compositeurs français les plus joués dans le monde. Des commandes sont à l’origine de la plupart de ses œuvres (Royal Concertgebouw Orchestra, Philadelphia Orchestra, Orchestre National de France...) ainsi Pour sortir au jour, commande du Chicago Symphony Orchestra (2013) ou Les Trois Cités de Lovecraft, (co-commande du Netherlands Philharmonic Orchestra et de l’Orchestre National de Lyon). Par ailleurs sa musique est régulièrement interprétée par de nombreux orchestres (Brussels Philharmonic, Orchestre National de France, National Symphony Orchestra, Cincinnati Symphony Orchestra, BBC Symphony Orchestra...).


Il remporte une Victoire de la Musique en 2015 ainsi que le Grand Prix de la Sacem en 2012.

Sa discographie comprend entre autre deux monographies de musique de chambre et deux monographies symphoniques chez Deutsche Grammophon. La première Lucifer a obtenu le Choc Classica et la deuxième Pour sortir au jour de nombreuses récompenses critiques comme le Diapason d’Or de l’Année ainsi que le Choc Classica de l’Année.

Après des études au Conservatoire National de Région de Boulogne-Billancourt (sa ville natale) et au Conservatoire National de Paris, il remporte des premiers prix de direction de chœur, histoire de la musique, analyse, électro-acoustique et orchestration.

Il est actuellement professeur d’orchestration au Conservatoire d’Aubervilliers-La Courneuve depuis 1997.


En résidence de 2016 à 2018 avec le Netherlands Philharmonic Orchestra ainsi qu’avec l’Orchestre National de Lyon, il se consacre également à l’écriture d’un opéra Les Bains macabres, sur un livret d’Olivier Bleys, commande de l’Opéra National de Bordeaux.

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 Rouge - Direction Case Scaglione - Violon Nathan Meltzer 
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