#Résidence Victor Julien-Laferrière

Pour cette saison 19.20, nous avons le plaisir d'accueillir le violoncelliste Victor Julien-Laferrière en résidence.


Victor interprétera avec l'Orchestre, sous la direction de James Feddeck, le Concerto pour violoncelle d'Elgar en mars 2020. Il jouera en formation de musique de chambre avec nos musiciens le 21 mars 2020 lors du concert Clara, Fanny & Ruth à la Philharmonie de Paris.





Victor sera également membre du jury pour le concours de composition Île de créations, et interprétera l'œuvre lauréate.

«La résidence permet l’approfondissement des relations, avant toute chose. C’est pour cette raison que je suis très heureux de vivre cette première expérience de résidence.»

Premier prix du Concours international du printemps de Prague (2012), prix de la Fondation Safran pour la musique (2013), premier prix du Concours Reine Elizabeth (2017), Victoire de la Musique classique (2018), comment envisagez-vous aujourd’hui, à l’approche de la trentaine, votre carrière de soliste, entre les récitals solistes, le travail de musique de chambre et vos rencontres avec les orchestres ?

J’ai toujours envisagé la musique comme un tout, sans jamais sectoriser mes activités, sans penser séparément les différents formats de travail ou de concert. Quand je joue la musique d’un compositeur, je ne fais aucune différence entre les différents rôles que je vais tenir avec ses partitions : pour entrer véritablement dans son langage, il me faut envisager toutes les facettes de son œuvre. Pour moi, il est naturel de jouer la musique de chambre d’un créateur dont je défends par ailleurs le concerto ; sans cela, il y aurait un manque ! J’ai la chance de pouvoir établir en ce moment une sorte d’équilibre entre toutes ces activités, et j’espère faire perdurer aussi longtemps que possible cette forme d’harmonie : c’est en tout cas dans cette direction que j’entends continuer à travailler, car chacune des facettes de mon métier de musicien se complètent. J’essaie de préserver un emploi du temps qui me laisse une chance de faire chaque chose bien, et ne pas me sentir obligé de me spécialiser par souci de qualité. Par exemple, en termes de répertoire, j’essaie vraiment de garder un contact quotidien avec les musiques d’aujourd’hui. Mais dans cette organisation, je tiens aussi à suivre mon instinct et mes poussées d’enthousiasme, et donc à n’être pas toujours trop prudent...


Quels sont vos concertos de prédilection, et pour quelles raisons ?

En ce moment je joue en majorité les concertos avec lesquels j’ai grandi, il s’agit du cœur du répertoire des violoncellistes : les concertos de Haydn, Schumann, Dvorak, Elgar, Lalo, Saint-Saëns… certains concertos russes du XXe siècle. Il y a une certaine logique à jouer d’abord en concert ces œuvres avec lesquelles j’ai déjà du vécu. Cela dit, j’ai hâte de jouer beaucoup d’autres œuvres, par exemple, Tout un monde lointain de Henri Dutilleux que je vais interpréter en public pour la première fois à l’automne 2019, ou le Concerto n° 1 de Martinu l’année d’après. Jouer de nouvelles partitions de cette ampleur m’intéresse beaucoup ; c’est un investissement énorme, mais au rythme de un ou deux nouveaux concertos par an, je suis très heureux d’agrandir ainsi petit à petit mon répertoire. Nous avons une réserve de concertos pour violoncelle composés au XXe siècle absolument faramineuse… quand on songe par exemple à toutes les œuvres écrites à la demande de Rostropovitch !

Quel sens donnez-vous à votre résidence au sein de l’Orchestre national d’Île-de-France ?

Le format habituel du travail entre un soliste et un orchestre se résume à une seule et unique rencontre, généralement la veille du concert, puis la répétition générale le matin même, et enfin le concert à proprement parler. Ce format peut être la source de frustrations : on rencontre des musiciens et on aimerait développer d’avantage avec eux, humainement et musicalement. La résidence permet l’approfondissement des relations, avant toute chose. C’est pour cette raison que je suis très heureux de vivre cette première expérience de résidence. Nous allons tout d’abord jouer plusieurs fois le Concerto d’Elgar ; dans un deuxième temps, ce sera un programme de musique de chambre, pour partager différemment avec quelques musiciens, malheureusement pas assez ! Et enfin, un travail de recherche, de création et de découverte à l’occasion du concours « Île de création ».


Vous allez créer les œuvres des trois finalistes de la 8e édition du concours de composition « Île de création » ; quel rapport entretenez-vous avec la création musicale d’aujourd’hui ?

C’est le troisième volet de ma résidence, et j’ai vraiment hâte de vivre cette expérience car je recherche ce contact quotidien avec les musiques d’aujourd’hui. Nous nous lancerons dans la création des trois jeunes compositeurs qui seront sélectionnés, à un moment de la résidence où nous serons déjà passés par le Concerto et la musique de chambre. Ce qui est intéressant dans ce troisième projet, c’est que je vais être associé au processus de création en rencontrant les compositeurs trois ou quatre mois avant le concert. Je m’intéresse beaucoup à la musique d’aujourd’hui en général, mais la commande d’œuvres nouvelles écrites pour moi n’est pas forcément une obsession. J’ai eu le plaisir de déjà travailler avec quelques compositeurs français, comme Thierry Escaich, Philippe Hersant et Jean-Frédéric Neuburger, et je vais bientôt travailler le Concerto de Kaija Saariaho. De nombreuses œuvres d’une grande qualité ont été créées au cours de ces dernières décennies, mais finalement peu jouées ; je souhaite aussi rejouer ces œuvres nouvelles, contribuer à leur inscription au répertoire, participer à leur longévité.



Vous allez interpréter le Concerto en mi mineur op. 85 d’Edward Elgar avec les musiciens de l’Orchestre national d’Ile-de-France : qu’avez-vous envie de transmettre au public concernant cette œuvre ?

Edward Elgar n’a presque rien écrit durant la Première Guerre mondiale. J’ai été très marqué par les récits qui décrivaient le compositeur au moment de la composition de son Concerto en mi mineur, juste après la guerre : il était dans un état dépressif, touché par un grand nombre de deuils, abattu par les dégâts humains et matériels de ce conflit. Il avait par ailleurs lui-même traversé une période très dure avec des problèmes de santé. Je me sens imprégné de cette noirceur-là, lorsque je me penche sur cette œuvre, pour ensuite tenter de communiquer toute la gamme des sentiments qu’il a déployée dans ce registre-là.


Quels sont les aspects de votre métier qui vous plaisent le plus et pourquoi ?

J’ai aujourd’hui le sentiment d’avoir le choix dans une certaine mesure d’une bonne partie du répertoire que je joue, et c’est le fait d’avoir cette liberté qui me donne le plus de motivation et de plaisir. Je suis humainement et musicalement très bien entouré, par des musiciens que j’adore, que je respecte et que j’admire. Ces différentes collaborations me motivent énormément, qu’il s’agisse de mes partenaires de musique de chambre ou des chefs d’orchestre.


Quels sont vos rêves en terme de répertoire et vos souhaits pour les années à venir en ce domaine ?

Un de mes rêves (interpréter Tout un monde lointain de Dutilleux) va donc bientôt se réaliser, à l’automne 2019. La Symphonie concertante op. 125 de Serge Prokofiev m’intéresse énormément : je l’ai beaucoup travaillée et j’aimerais à présent la jouer en public. C’est une œuvre insurpassable en terme d’intensité ; le violoncelle est comme propulsé au centre d’une vaste épopée ! Avec appétit, j’ai envie de me plonger dans les Sonates de Beethoven, d’explorer le répertoire avec pianoforte en jouant sur cordes en boyau… Plein, plein, plein de rêves !


Vainqueur du premier prix au concours Reine Elisabeth à Bruxelles en 2017 lors de la première édition de ce concours consacrée au violoncelle, Victor Julien-Laferrière a également remporté en 2012 le Concours International du Printemps de Prague.


Né à Paris en 1990, il débute le violoncelle avec René Benedetti puis étudie successivement avec Roland Pidoux au Conservatoire de Paris, Heinrich Schiff à l'Université de Vienne et Clemens Hagen au Mozarteum de Salzbourg. Parallèlement, il prend part de 2005 à 2011 à l’International Music Academy Switzerland de Seiji Ozawa. Victor Julien-Laferrière se produit notamment avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, le Brussels Philharmonic, l’Orchestre National de Belgique, le Antwerp Symphony, l’Orchestre Royal de Chambre de Wallonie, le State Hermitage Orchestra de Saint Pétersbourg, l’Orchestre National d’Île-de-France, l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, le Slovak Radio Symphony ou encore le Bogota Philharmonic. Il est par ailleurs l’invité du Théâtre des Champs Elysées, du KKL de Lucerne, de la Tonhalle de Zurich, du Concertgebouw d’Amsterdam, de l'Auditorium du Louvre, de la Cité de la Musique, de la Salle Gaveau à Paris, du Palais des Beaux-Arts à Bruxelles, de l'opéra de Dijon, de la Phillips Collection à Washington, des festivals du Printemps de Prague, du Mecklenburg-Vorpommern, Olympus à Saint Pétersbourg, de Kuhmo, Gstaad et Deauville, des Folles Journées de Nantes et Tokyo, du festival de Pâques d'Aix-en-Provence…

Nommé « Soliste de l'Année » aux Victoires de la Musique classique 2018, Victor Julien-Laferrière est lauréat de la Fondation Groupe Banque Populaire, et s’est vu décerner le Prix de la Fondation Safran pour la Musique 2013. Il est Artiste associé à la Fondation Singer-Polignac à Paris, a fondé en 2009 en compagnie d'Adam Laloum et Mi-Sa Yang le trio Les Esprits, et a enregistré plusieurs disques tous primés pour le label Mirare. C’est chez ce label qu’est paru en octobre 2016 un album de sonates avec Adam Laloum ayant obtenu un Diapason d’Or de l’Année, “ffff” de Télérama, ainsi que “Choc” du magazine Classica et faisant partie de la sélection des albums de l’année par Le Monde.


En 2018, il est entre autres l’invité des orchestres de chambre de Paris et Lausanne, ainsi que de l’orchestre I Pomeriggi Musicali de Milan, de l’Orchestre National de Belgique, du Netherlands Philharmonic Orchestra, du Brussels Philharmonic et de l’Orchestre National de Lille. Il partira également en tournée au Brésil et se produira en récital à la fondation Louis Vuitton et au théâtre des Champs-Élysées.

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